Claude Auch-Hisiger, fondateur des agences immobilières ALSIMMO, est agent-Conseil et Expert immobilier depuis 1985. Avec 25 ans d’expérience, il possède une connaissance très fine du secteur immobilier alsacien, confortée par ses fonctions de Délégué Régional du SNPI Alsace et d’administrateur au CRI Alsace. Il nous livre sa vision d’un marché qui revient à la raison.
Sommes-nous oui ou non dans une crise immobilière ?
A la différence d'autres régions, la rareté du foncier disponible a préservé l’Alsace d’un effondrement du marché. Nous n’assistons pas à un krach immobilier, mais, au contraire, à un assainissement du marché.
Pour les acteurs qui sont entrés dans ce métier en considérant l'immobilier comme un produit purement spéculatif à court terme et dont le credo portait sur la seule notion de profit, sans avoir les compétences requises pour ce marché, on peut vraiment parler de crise. Mais ces turbulences sont salutaires, et ne sont au fond qu’un retour à la raison. Un bien à son juste prix se vend toujours. Quand vous vendez aujourd’hui des maisons de 100-120 m2 entre 200.000 et 250.000 euros, contre 270.000 à 320 000 euros en 2005, cela ne veut pas dire que le marché s’effondre, mais qu’il est davantage en cohérence avec la réalité des pouvoirs d'achat. Du coup, ces prix raisonnables entraînent une meilleure fluidité du marché. Ayant vécu la récession écomique et immobilière de 1991 à 1998, j'ai avec mes équipes de Strasbourg-Mutzig-Schirmeck donné des statistiques précises à nos mandants-vendeurs immobiliers pour qu'ils soient rassurés de vendre à juste valeur vénale au profit des acquéreurs. Pour preuve, mon groupe d'agences www.alsimmo.com a négocié en 2009 50% de compromis de vente de plus par rapport à 2008, et cette progression se confirme en 2010.
C'est donc le moment d'acheter ?
La forte baisse du coût des emprunts pousse les locataires à devenir propriétaires et les primo-accédants à se décider. C'est donc incontestablement le moment pour emprunter. Les vendeurs auraient tort quant à eux de tabler sur une prochaine hausse des prix : l'offre de biens reste largement supérieure à la demande. Par ailleurs, il faut souvent corriger les estimations des vendeurs par des repères fiables et des conseils tenant compte du fait que l'immobilier ancien répond rarement aux nouvelles normes énergétiques et environnementales. A ce titre, un logement de plus de dix ans est souvent considéré par les acquéreurs comme un produit d’occasion. Il faut donc en accepter la "décote éco-énergétique" égale au coût de sa remise aux normes.
La situation géographique alsacienne et l'identité européenne de la région influencent-elles le marché ?
Incontestablement ! Strasbourg est un moteur économique immobilier puissant, avec une clientèle d’investisseurs français et étrangers. Et, grâce à l’arrivée du TGV, on voit aujourd’hui arriver des Parisiens, mais aussi des provinciaux qui achètent un bien à louer avec l’objectif, à terme, de le transformer en résidence. Même si notre qualité de vie et notre richesse architecturale représentent des éléments décisionnels, reste que la proximité de l’Allemagne, du Luxembourg ou de la Suisse séduit aussi ces nouveaux acquéreurs venant investir en Alsace, "La grande porte sur l'Europe". Résultat : nous n’avons pas assez de terrains éligibles pour construire suffisamment de logements bénéficiant de la loi Scellier. Preuve, s’il en était encore besoin, que l’engouement des investisseurs pour l’Alsace est bien réel.